Ce texte a été publié dans le Journal Libertaire. Bulletin
n° 12, en avril 1973.
Il situe l’œuvre de Ferrer, mais l’oppose à la pédagogie « marxiste ». le
terme est mal choisi. A discuter.
FD
Il est intéressant de confronter les idées de Francisco Ferrer avec celles d'autres pédagogues de la tendance dite "non autoritaire",
notamment les divers représentants du marxisme.
La théorie et la pratique de l’éducation marxiste n'ont donné lieu. à aucune. conception véritablement homogène. Nous nous bornerons donc à mettre en parallèle les idées de Ferrer avec quelques théories de base d'inspiration marxiste que l'on retrouve constamment chez divers pédagogues, en particulier Clara Zetkin, Edwin Heernle et Otto Felix Kanitz •. Les similitudes
d'opinion sont frappantes sur de nombreux : points - analyse des conceptions en vigueur dans l'enseignement traditionnel, nécessité d'ouvrir à tous les portes des établissements d’enseignement
sans aucune distinction de classe, etc. Nous insisterons toutefois ici sur les divergences qui caractérisent leurs points de vue respectifs.
Il faut admettre que l'éducation ne joue pas un rôle de premier plan - chez les pédagogues marxistes. Conformément à la conception matérialiste de l'Histoire, c'est la base socio-économique qui
détermine le climat intellectuel dont l'éducation est précisément l'un des aspects. La théorie et la pratique de l'éducation sont donc toujours en corrélation avec les conditions sociales et
économiques présentes. Ce serait donc faire fausse route que de vouloir tenter de modifier l'ordre social par le biais de l'éducation; seule une révolution des structures de base peut aboutir à
un véritable changement.
Il s'ensuit que dans la société bourgeoise, une éducation socialiste ne peut être judicieuse et valable que dans une faible mesure et pour autant que l'on puisse percevoir un processus
d'évolution entre la base et le climat qui .en émane. L’éducation n'est, donc rien de plus qu’un aspect de la lutte politique. Dans la société bourgeoise, l’éducation socialiste ne peut être
qu'une activité décousue.
Ces idées - exprimées d'ailleurs ici de manière très schématique - expliquent pourquoi les notions de pédagogie marxiste dont on dispose manquent de cohésion.
ferrer attribue à l'éducation une place autrement plus importante dans la hiérarchie des valeurs. Pour lui, toute la puissance de la classe
dominante réside précisément dans l'éducation. Etant donné la complexité des processus de production, il est indispensable d’assurer au moins la
formation professionnelle de la grande masse.
«L' apparition d'un courant d'idées libertaires » n'étant jamais exclue , cette éducation des masses présente toujours un danger latent pour la classe dominante, aussi exerce-t-elle un
contrôle rigoureux sur l’enseignement.
Et elle parvient à défendre ses privilèges et ses intérêts en endoctrinant les masses, en diffusant les préceptes de' la morale bourgeoise, en sélectionnant judicieusement les matières enseignées
et en agissant, si besoin, par la force.
Ferrer considère donc que le fond du problème est de soustraire l'enseignement aux intérêts et à l'emprise de la classe dominante et de lui conférer une autonomie propre. Et c'est dans ce but qu'il créa son ECOLE MODERNE avec le concours d'intellectuels et de collaborateurs progressistes. Ainsi libérée de l'emprise des pouvoirs
publics et des institutions religieuses, l'éducation
peut dès lors jeter les premiers jalons susceptibles de conduire à une mutation de la société. Seule une "réforme systématique des moyens d'enseignement" accompagnée d'une éducation du peuple
peut permettre à la communauté humaine "d'emprunter des chemins véritablement orientés vers l'avenir".
D'où l'importance que Ferrer accorde à l'éducation lorsqu'il s'agit de susciter un esprit
révolutionnaire : mais il reste parfaitement conscient du fait qu'une réforme de l'enseignement ne saurait entraîner automatiquement l'apparition d'une société nouvelle.
Les concepti.ons de Ferrer et celles de la pédagogie marxiste diffèrent également quant aux objectifs à poursuivre. On peut illustrer le but que se
proposent d'atteindre les théoriciens, marxistes par deux citations :
· "Former des combattants lucides qui savent discerner où sont les ennemis de la classe ouvrière, former
des soldats de la révolution, de la liberté, du progrès" (Clara Zetkin).
· "Sauvegarder les enfants de notre classe, les élever pour cette classe, leur inculquer le sens de la
solidarité prolétarienne, de la communauté communiste, leur insuffler 1'énergie du combat au service de la révolution , telle est la grande tâche des groupes de jeunesse communistes" (Edwin
Hoernle).
L'éducation est donc toujours ici subordonnée à la lutte des classes. Elle est considérée comme un instrument de conquête du pouvoir politique'. Pour les théoriciens marxistes, les objectifs de
l'éducation se situent toujours au niveau de la société et tout individualisme est étouffé.
L'optique de Ferrer est tout différente. Pour lui, l'enseignement poursuit des buts individuels. « L'Ecole Moderne s'adresse à des enfants et
l'éducation a précisément pour mission de les préparer à devenir des hommes. C’est pourquoi elle doit s'abstenir de cultiver en eux la volonté de
puissance, l'envie, la haine et pas plus la servilité que la rébellion. En d’autres termes, elle ne doit pas viser à récolter les fruits avant même qu'ils n'aient été produits et cultivés ou
tendre à inculquer un sentiment de responsabilité tant que les conditions préalables à l'épanouissement d’un tel sentiment ne sont pas réunies et que
la conscience n'est pas parvenue au degré de maturité requis. L'école apprend aux enfants à devenir des hommes. Et quand ceux-ci seront devenus des hommes, alors ils s'insurgeront d'eux-mêmes le
moment venu. "
Cette citation résume toutes les idées de Ferrer en matière d'éducation. L’enfant doit d’abord
grandir, développer ses facultés, prendre conscience de ses sentiments. L'éducation doit viser en
'premier lieu à épanouir pleinement et harmonieusement l'individu.
Et cette éducation-là n'en fera assurément pas un être asocial et dénué de lucidité quant au contexte social dans lequel il est appelé à
vivre. Cette conception de l’individu est donc très éloignée de celle des pédagogues marxistes : l’homme n’est pas seulement le produit des
conditions économiques de son milieu, il porte en lui l'empreinte de tous les facteurs matériels et culturels qui conditionnent la vie en société.
Comme d'autres anarchistes, Ferrer a abouti à ces conclusions d’une manière toute intuitive, mais il n’empêche que les recherches menées,
-- un point sur lequel il nous faudra revenir.
Aux yeux de Ferrer individualisme et solidarité sont, non pas incompatibles, mais indissociables. Seul l'individu libre, pleinement développé sur le
plan affectif et intellectuel est capable d'éprouver un sentiment, de solidarité et, partant, de coopérer avec ses semblables. Et seul l’homme qui participe à l'édification de la communauté
humaine est en mesure de parvenir au plein épanouissement de ses facultés. Ces idées expliquent pourquoi Ferrer se refuse à réduire l'éducation au rôle d’un simple instrument de la Lu t te des
classes.
Aussi l'enseignement donné dans son école s'adressait-il à des enfants issus de toutes les couches sociales. Une école qui ne s'adresserait qu’à de
jeunes prolétaires et dont l’enseignement serait dicté par des considérations de lutte entre classes n’engendrerait finalement chez les enfants que des sentiments de haine.
Or la haine est mauvaise conseillère. C'est là un bien mauvais départ pou; une évolution de la société, car la haine peut être manipulée et orientée à tout moment dans n'importe quelle direction.
Ferrer reconnaît expressément à tous ceux qui sont exploités ou opprimés le droit de se rebeller, mais la rébellion doit naître d’un sentiment
d'entraide et de solidarité authentique si son but est vraiment de créer une société libre dans laquelle l'exploitation n'aura plus cours, et si son objectif n'est pas de remplacer un système
injuste par un, autre système tout aussi injuste. D'autre part, Ferrer considère que son école doit
être un modèle de justice sociale, d'où sa volonté
d’entraîner très tôt la jeunesse à faire preuve de solidarité et d’entraide.
D’autres divergences d'opinions se retrouvent dans le choix des méthodes et moyens didactiques retenus pour parvenir aux buts esquissés. Les
recommandations faites par les pédagogues marxistes ne sont pas d'un grand secours et témoignent d’une méconnaissance profonde de la nature humaine. Pour amener les parents à faire de leurs enfants des militants dévoués à la cause du prolétariat, on conseille "de raconter aux enfants les luttes menées par la
classe ouvrière, les répressions et les persécutions dont elle a été l'objet". On invite les parents à les faire participer aux grèves, aux débats politiques".
On leur recommande de "réciter aux enfants des poèmes exaltant la liberté, de leur apprendre des chants de travailleurs et de les familiarise, dans les grandes lignes, avec les objectifs du
socialisme en se mettant à leur portée. Les représentations théâtrales sont également recommandées et E Hoernle, notamment les considère propres à
"caricaturer les travers de la vie politique et sociale."
La police, l'école et l'église peuvent ici être présentées sous forme de raccourcis suggestifs de même que les relations entre capitalistes et ouvriers salariés ouvriers et paysans, soldats et
prolétaires.
"La visite des hauts lieux de la lutte révolutionnaire" ("les tombes de ceux qui sont tombés pour notre cause", "les sites des grandes manifestations", etc), tout cela devrait, selon Hoernle,
préparer les enfants à devenir de futurs champions de la lutte des classes. Ferrer ne tente pas de
prescrire une série de recettes. Pour atteindre le but qu'il s’est assigné, à savoir un individu libre, pleinement développé et par conséquent une
société libre, il substitue aux anciennes méthodes d'enseignement dogmatique une "technique pédagogique scientifique et rationnelle".
Les moyens d'éducation traditionnels - récompenses, sanctions, examens, concurrence, réprimandes, etc - doivent disparaître.
Ferrer part de l'impulsion naturelle qui pousse l'enfant à ne pas rester inactif et à se livrer
spontanément à toutes sortes d'activités.
«Dans la mesure où ce travail, est structuré d'une manière organique, il suffît de maintenir l’élément moteur, la logique et la discipline propres au travail pour qu'il se manifeste spontanément
et l'on en vient ainsi et par le plus court chemin à une méthode enseignement complète, simple et naturelle.
L'éducateur ne peut accomplir correctement son rô1e d'animateur et d’enseignant que s'il connaît les aspirations et les besoins de l’enfant. Ferrer
ne croit pas que l'enfant ait déjà en lui des dispositions innées et qu’il suffise simplement de le laisser grandir.
L’enfant, par exemple, n'a pas d'idées ancrées en lui dès le naissance.
C'est à l'éducateur qu'il incombe de mettre sa formation scientifique au service de l'enfant en le confrontant avec des impressions suscitées de l’extérieur afin d'implanter en lui des germes
susceptibles ensuite de s'épanouir sous forme d'idées. L'enfant doit, certes, être guidé et formé, mais il ne s'agit pas de Lui faire ingurgiter du savoir, L'éducateur doit se borner à le
stimuler et laisser ainsi à l'enfant la faculté de se développer, mais il ne doit en aucun cas apparaître comme un personnage autoritaire et tout-puissant habilité à imposer ses vues et ses
préceptes. L'éducateur apporte son concours à l'enfant mais ce dernier reste libre d'interpréter les faits comme il l'entend. On voit ainsi se
développer un homme libre qui luttera pour que « les humains puissent vivre dans l'amour, la joie et la beauté.
Pour clore ce parallèle entre la pédagogie marxiste et l'Ecole Moderne de Ferrer, on peut citer un passage où Ferrer établit clairement la différence entra ses préoccupations et celles de 1’éducation politique : « Notre méthode d’enseignement, par ailleurs, n'a
rien de commun avec la politique. Notre mission est de former des individus en pleine possession de leurs facultés, or la politique subordonne les facultés des uns à celles des autres.
En introduisant l’élément divin et sa puissance, la religion a commis des abus monstrueux et contrecarré le développement de l'humanité. Les systèmes
politiques, toutefois, n'ont pas fait mieux : en apprenant aux hommes à se soumettre à 1a volonté d'autres hommes - politiciens par tradition ou par élection - ils ont, eux aussi, retardé
l'évolution de l'humanité. Tout éducateur qui se veut rationnel doit s'efforcer de faire comprendre aux enfants que la servitude et la tyrannie ne pourront disparaître aussi longtemps qu'un homme dépendra d'un autre homme. Il lui faut étudier les causes de l'incertitude dans
laquelle le monde est plongé, situer et connaître l'origine des éléments moteurs qui permettent au système social actuel de se perpétuer, ceci pour
pouvoir attirer l’attention des élèves sur tous ces points ».
Un "parallèle entre l'Ecole Moderne ouverte par Ferrer à Barcelone en 1901 et l'expérience menée à partir de 1921 par A.S. Neil à Summerhill confirme le rôle de premier plan joué par Ferrer dans l'éducation non autoritaire. A.S.
Neil a d'ailleurs beaucoup plus de points communs avec Ferrer que les pédagogues marxistes. Bien
qu'il s'inspire, du moins en théorie, des enseignements de la psychanalyse, tout comme Ferrer, il est convaincu que l'homme est naturellement bon et
coopératif. Et lui aussi pense que l'enfant ne peut s’épanouir que dans un climat de liberté.
Il rejette toute forme de contrainte et d'oppression dans l'enseignement. Toute l'importance de Neill dans l'éducation non-autoritaire réside
précisément dans cette attitude conséquente.
Il serait donc injustifié de critiquer son refus de toute forme .d'oppression et de vouloir restreindre, dans certains domaines la liberté accordée à l'enfant.
Il y a aussi identité de vues avec ferrer quant au but que doit poursuivre l’enseignement : l’éducation doit être l’un des moyens de parvenir à une vie heureuse. Mais là Neill s’est toutefois arrêté en chemin.
Ne souhaitant le bonheur des hommes qu'en tant qu'individus, il omet de considérer la dimension sociale et politique de l'enseignement.
Il oublie en effet qu’il ne saurait y avoir développement harmonieux et conforme aux exigences de la nature humaine que dans la mesure où l'on tient compte des deux facteurs. Cette indifférence
de Neil vis-à-vis des problèmes relevant du contexte social se manifeste dans un certain nombre d'attitudes.
Neil, par exemple, utilise dans son école les manuels en usage dans les établissements d'enseignement public. Il n’essaie pas non plus de mettre au
point un système didactique tenant compte des enseignements de la psychopédagogie moderne.
Neil n'attribue qu'une importance mineure à toutes ces questions, 1'élément déterminant étant pour lui que l'enfant puisse se former dans un climat de liberté.
La chose enseignée ou le mode d'enseignement n’est pas remis en cause.
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Ferrer, lui, attribue une grande importance aux manuels scolaires. Il se refuse à adopter purement et simplement les ouvrages scolaires de l'époque
avec tout leur fatras d'assertions anti-scientifiques et moralisantes.
Il y voyait un danger pour le développement intellectuel de l'enfant.
L’âme et l'esprit d’un enfant, il le reconnaissait, sont très perméables - un fait que la classe dominante n’a pas manqué d'exploiter à outrance pour rendre ses sujets plus accommodants.
Pour Ferrer il était tout simplement impossible
d’assurer l'éducation des enfants dans un esprit libertaire en utilisant les méthodes et les manuels d'enseignements bourgeois.
Un autre symptôme de l’attitude apolitique de Neill se révèle dans les activités ultérieures des enfants qui lui sont confiés. Les élèves de Summerhill épousent en effet les carrières les plus diverses universitaires, artisans, artistes… et
l'on compte même dans leurs rangs un pilote de bombardier, etc…aux yeux de Neill, la profession exercée est tout à fait secondaire : ce qui compte, c’est pour chacun la faculté de
« pouvoir travailler avec joie et d’avoir une vie bien remplie ».
Reste, à savoir si "une éducation révolutionnaire a véritablement atteint son but lorsqu’un homme exerce avec satisfaction une profession dans laquelle sa contribution à amélioration de la
communauté humaine ne peut-être que très modeste. Ceci dans une société inchangée, étant donné qu’il n’y a pas lieu de s’étonner qu’une école comme
celle de Summerhill – « un exemple révolutionnaire d’école libre » - puisse se maintenir quelques cinquante ans dans une société répressive jugée vite trop dangereuse par la classe
dominante, l’Ecole Moderne de Ferrer en revanche, a été rapidement fermée.
On retrouve les mêmes défauts de lucidité sur le plan culturel et social dans l'attitude de Neill
vis-à-vis de la psychanalyse. Il avait derrière lui "une longue carrière d’éducateur lorsqu'il a découvert et étudié Freud. "
La personnalité de Neill a profondément marqué sa pédagogie tant dans ses principes que dans leur application pratique.
S’il a a adhéré presque sans réserve aux enseignements de la psychanalyse, ceci n’a pas eu des répercussions très favorables sur sa conception de l’enseignement. Il n’était pas assez clairvoyant pour perceoir une vision d’ensemble du problème, en saisir les tenants et les aboutissants, et c’est ce qui explique son
attitude.
S'il se réfère aux théories de Freud dans ses ouvrages dans la pratique celles-ci ont finalement très peu influencé son enseignement.
Cette critique ne vise en aucun cas, à mettre en cause l'expérience de Neill et n’a rien à voir avec les calomnies que se plaisent certains milieux réactionnaires où l'on jette le hauts cris
sitôt que l'on accorde aux hommes un tant soit peu de liberté.
Ferrer, lui, met l'accent sur les phénomènes sociaux de1aissés par Neill.
Si Ferrer veut une éducation « neutre », il veut aussi rendre les enfants attentifs aux lacunes et aux injustices de la société, compte
tenu de la' faculté d’assimilation propre à chacun
Contrairement aux pédagogues marxistes, il ne cherche pas à leur donner un enseignement inspiré par une tendance socio-philosophique particulière, mais rend ses élèves aptes à analyser, voire à
corriger les phénomènes sociaux en développant chez eux le jugement, 1’altruisme et l’esprit de solidarité.
Là réside toute la valeur de l’enseignement de Ferrer. Les travaux d’élèves qui ont paru à l'’époque
dans le « Bulletin de l’Ecole Moderne » témoignent du succès remporté par Ferrer et sont d’autant plus révélateurs lorsqu'on songe à la brièveté de cet enseignement
Tant dans la théorie que dans la pratique, les pédagogues marxistes ne sont pas parvenus jusqu’à ce
jour, à élaborer un modèle d'éducation cohérent et compatible avec les critères de la psychologie moderne. La conception autoritaire de
l’enseignement dans les Etat socialistes en apporte la preuve évidente.
L’expérience de Summerhill due à A.S. Neill est, certes, un modèle d’éducation libertaire, mais elle n'en demeure pas moins insuffisante car elle ne
s’accompagne pas d'une réflexion sur les phénomènes sociaux et les problèmes qui s'y rattachent.
La conception de Ferrer, en revanche, est la seule qui, dans son ensemble tienne compte des enseignements la psychologie moderne des profondeurs. Il faut saluer en Ferrer l'homme qui le premier
et sans pouvoir ici puiser chez ses prédécesseurs - a saisi toute la portée des problèmes posés par l'éducation.
Il a reconnu l'importance de l’éducation dans la vie en société – d’une éducation libertaire étayée par une conception scientifique du monde et une réflexion sur les problèmes sociaux. Et pour résoudre ces problèmes - qui se posent aujourd'hui comme hier - il a eu
1e courage d'emprunter des voies nouvelles pour tenter d’aller de l’avant.