Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 16:31

 

A propos de l’autisme 

Au début des années 70, j’ai la chance d’être engagé par Alain Gits à l’école les Chardons, qui dépend de la Petite Maison

 

Rappelons qu’à partir des années 60-70, ce sont les psychiatres d’enfant et les psychologues formés à la psychanalyse qui commencent à se préoccuper du sort des enfants autistes jusqu’alors placés en hôpital psychiatrique ou en institution fermée, où la dimension déficitaire était prépondérante. Ils prennent appui sur les psychanalystes anglo-saxons Frances Tustin, Margaret Malher, Donald Meltzer, et sur l’institution de Maud Mannoni « l’École expérimentale de Bonneuil », avec les travaux de Rosine et Robert Lefort, élèves de J. Lacan.

L’ensemble de ces travaux donne aux praticiens – psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs, orthophonistes, psychomotriciens -  l’idée d’un traitement possible et d’apprentissages qui tiennent compte du symptôme du sujet, au delà de la coercition.

 

Les hôpitaux de jour, dans le mouvement de sectorisation de la psychiatrie, se créent dans cette perspective. Il s’agit d’offrir un accueil qui ne soit pas basé sur le déficit et qui tienne compte de la particularité de chaque sujet. La situation familiale fait partie de cette particularité, car les constellations familiales sont loin d’être toutes identiques. Les parents sont reçus, écoutés. Les enfants, les adolescents, sont reçus dans des petits groupes, sollicités pour des « ateliers » où peuvent se décliner leurs intérêts. Dans les moments de repas, de jeux, d’étude, ils expérimentent de nouveaux rapports avec les objets et avec les demandes, avec ce qui structure le monde de tous les enfants, mais dont les enfants autistes se défendent.

 

Cette longue expérience de diagnostic, d’accompagnement des familles, de mise en place de parcours spécialement tissés pour chacun, a fait l’objet de nombreuses publications et de recueil de travaux. Elle n’aurait pas pu se soutenir sans la référence quotidienne à la psychanalyse, à son corpus textuel, à son enseignement vivant.

Comment situer aujourd’hui le traitement de l’enfant autiste ?

 

Il s’agit du respect de la position du sujet qui est la boussole qui oriente en effet cette action. Il ne s’agit en aucun cas de laisser l’enfant, l’adolescent, être le jouet par exemple de ses stéréotypies, répétitions, écholalies, mais, en les considérant comme un premier traitement élaboré par l’enfant pour se défendre, d’y introduire, dans une présence discrète, des éléments nouveaux qui vont complexifier « le monde de l’autisme ».

 

L’enjeu est d’abord que puisse se localiser pour l’enfant l’angoisse ou la perplexité que déclenche en lui l’interpellation d’un autre et la mise en jeu des fonctions du corps dans leur lien avec cette demande – se nourrir et se laisser nourrir, perdre les objets urinaires et anaux, regarder et être regardé, entendre et se faire entendre. Les psychanalystes ont depuis longtemps noté la dimension de rituels d’interposition que constituent de nombreux traits symptomatiques invalidants.  La création ou la découverte par l’enfant d’un « objet autistique », quelle qu’en soit la forme, est souvent une ressource féconde pour créer des liens et des espaces nouveaux, plus libres des contraintes « autistiques ».

 

Les psychanalystes ne contestent en aucune façon l’inscription des enfants autistes dans des dispositifs d’apprentissage. Ils mettent au contraire en valeur que le sujet autiste est déjà bien souvent « au travail ». Les autistes dits « de haut niveau » témoignent en ce domaine d’un investissement massif de la pensée, du langage, et du domaine cognitif, où ils trouvent des ressources inédites. Plus généralement, pour tous les enfants, les praticiens cherchent à privilégier les approches pédagogiques et éducatives qui savent s’adapter pour faire une place aux singularités sociales et cognitives des enfants autistes. Enseignants et éducateurs témoignent, au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, de ce qu’ils ont élaboré avec l’enfant ou l’adolescent. 

 

En revanche les psychanalystes s’élèvent avec la plus grande force contre des méthodes dites « d’apprentissage intensif», qui sont en réalité des méthodes de conditionnement comportemental, qui utilisent massivement le lobbying, voire l’intimidation, pour promouvoir des « prises en charge » totalitaires et totalisantes, qui s’auto-proclament seul traitement valable de l’autisme. Loin de cette réduction, il faut différencier les différentes approches de l’apprentissage. Les psychanalystes et les intervenants, représentant toutes les catégories professionnelles présentes dans le champ de l’enfance, se déclarent tout spécialement attachés, pour les enfants et adolescents autistes, aux systèmes de soin et d’éducation existant, tant qu’ils permettent de répartir les responsabilités respectives et différenciées entre les professionnels du soin, de l’éducation, et les parents.

 

Les classifications actuelles des troubles mentaux- spécialement le DSM – jettent une grande confusion dans le débat, faisant apparaître au même niveau diagnostic des symptômes de l’enfance tels que le bégaiement ou l’énurésie, des « troubles » référés à une normalité sociale (tels que les « troubles oppositionnels avec provocation » ou les « troubles des conduites »), et l’autisme (« trouble autistique »). L’autisme, et ses diverses formes, se trouve ainsi isolé comme le seul véritable tableau clinique de la catégorie « Troubles envahissants du développement ». Les débats en cours sur la continuité du « spectre des autismes », sur l’opportunité de maintenir dans la même série des TED les dits « Asperger », montrent combien cette catégorie est instable. A l’intérieur de ce « spectre », il faut examiner dans le détail les phénomènes d’envahissement du corps et situer les manifestations étranges et inquiétantes dont il est la proie. Les psychanalystes et les nombreux praticiens d’orientation lacanienne accompagnent ainsi de nombreux enfants et adolescents dans cette élaboration qui leur permet de garder ou de trouver une place dans le lien social et familial. Les parents peuvent alors s’autoriser à parler de certains traits de leur enfant, d’en saisir la valeur, malgré leur caractère étrange. Ce travail est nécessairement long, car il suppose de prendre en cause une différence de l’enfant qui vient à l’encontre des attentes et des désirs qui entourent sa présence au monde. Le psychanalyste, en place de recueillir cette souffrance, doit être attentif à la souffrance des parents et les soutenir dans leur épreuve.

 

Des hypothèses étiologiques multiples – génétique, vaccinale, neurocognitive, etc.- présentées comme des vérités scientifiques à la suite souvent d’un unique article paru dans une revue, dont on apprendra quelques mois ou années plus tard le caractère biaisé, circulent dans les divers médias et affolent les familles. Ces hypothèses causales viennent répondre strictement à la réduction de l’autisme à un trouble du développement, présenté comme une maladie génétique voire épidémique. Elles se confortent de la loi de 2005 sur le handicap, qui ne vise pourtant aucunement à porter une sentence du type « C’est un handicap, donc cela n’est pas une maladie», mais à permettre une orientation adaptée pour l’enfant et une aide pour la famille. Beaucoup sur ce point reste à faire, et les associations de parents sont une force indispensable et incontournable pour faire avancer des projets adaptés, en particulier pour les très jeunes enfants et pour les grands adolescents et les jeunes adultes. En ce sens, l’annonce de l’autisme comme grande cause nationale ne pouvait que réjouir tous ceux qui sont mobilisés dans les soins apportés aux enfants et adolescents autistes.

 

Les psychanalystes suivent tous les débats scientifiques autour des causes de l’autisme infantile. Quelles que soient ces causes, elles ne peuvent réduire le sujet à une mécanique. Ils prennent en compte les souffrances qu’ils rencontrent et ils promeuvent les institutions et les pratiques qui garantissent que l’enfant et sa famille seront respectés dans le moment subjectif qui est le leur. Ils facilitent, chaque fois que cela est possible, l’insertion de l’enfant dans des liens sociaux qui ne le mettent pas à mal. Ils ne sont pas détenteurs d’une vérité « psychologique » sur l’autisme, ils ne sont pas promoteurs d’une « méthode éducative » particulière. Ils sont porteurs d’un message clair pour le sujet autiste, pour ses parents, et pour tous ceux qui, en institution ou en accueil singulier, prennent le parti et le pari de les accompagner – et les psychanalystes sont de ceux-là : il est possible de construire un autre monde que le monde de défense et de protection où est enfermé l’enfant autiste. Il est possible de construire une nouvelle alliance du sujet et de son corps. L’effort de tous vise à démontrer cliniquement cette possibilité.

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Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 12:53

Nouvelle pub de Child Focus contre la pédopornographie : où sont les adultes qui prétendent protéger les enfants ?

 

 

Pourquoi un organisme qui a pour role de « protéger les enfants » utilise des stars du X pour lutter contre la pédopornographie ? Pourquoi utiliser ce paradoxe et insidieusement  montrer

ces « stars  du X » en exemple  ?

Dans notre société où la pornographie envahit tous les écrans et s’insinue continuellement dans la sphère privée (suivant des enquetes récentes plus de 87% des enfants de 12 ans  ont vu des images pornographiques) , nos enfants ne doivent-ils pas etre protégés contre toute forme de pornographie ?   Quel double message insinue t- on avec cette pub ? Oui à la pornographie adulte ? C’est un métier louable !!!!

L’agence de communication avait annoncé que les acteurs  ne seraient pas déshabillés…la réalité est tout autre et ambiguë !

Depuis 25 ans j’anime auprès de jeunes des séances d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle avec pour objectif  de  montrer une autre vision de la sexualité et de l’amour. Je constate une influence de plus en plus préoccupante  du porno sur les comportements sexuels des jeunes.

Je m’interroge sur les retombées d’une telle pub de Child Focus .

A force de rechercher le sensationnel, on en arrive à perdre tout bon sens et à l’effet contraire 

Merci Child Focus, vous avez perdu ma confiance !

« La fin ne justifie pas les moyens » n’est ce pas un principe éthique auquel vous devriez  réfléchir ?

 

Christine Hayois-Limpens

Responsable du « Groupe Croissance »

 

Bonjour, je fais totalement mien le texte de Madame hayois, sexologue.

 Les esprits distingués qui ont conçu la campagne et ceux de Child focus qui l'ont avalisé méritent cette année, sans la moinde concurrence possible, les awards de la connerie.

Suggérer de remplacer l'abominable par le misérable, proposer cela comme démarche humaine alternative à ceux qui sont tentés par la pédopornographie, quelle stpéfiante image du monde et de ce qui  fait valeur dedans !!!...

N'a-t-il donc aucune activité alternative positive et humaine à leur proposer?

A coté de quelques grands prevers à la Rocco Cifredi, Child focus oublie-til donc que la pornographie est une industrie de la misère, dans laquelle s'engluent tant et tant de paumés soi-disant consentants?

Pour moi aussi, cet organisme a perdu ma confiance et pour très très longtemps!

Bien amicalement

Jean-Yves Hayez

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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 13:59

Toutes les sociétés humaines ont dû s'occuper des individus touchés par des troubles mentaux de gravités diverses. Par leur densité communautaire plus importante et les réponses qu'elles y apportaient (catharsis de type mystique ou chiliaste) , les sociétés pré-capitalistes se donnaient les moyens de réguler les dysfonctionnements mentaux de leurs congénères.  Curieusement, c’est avec le courant Humaniste de la Renaissance en Italie que le " fou" commencera à être l’objet de persécution par l'Inquisition, et associé à la sorcellerie : la Raison scientifique naissante sera ainsi impitoyable envers la diversité des savoirs populaires jugés irrationnels. La civilisation capitaliste libérale, fidèle héritière des Lumières de la Raison,  loin d' atténuer les troubles mentaux, les favorisent : la guerre de tous contre tous ( Hobbes ) sur un marché où seuls comptent le consumérisme débridé, l' efficacité maximale en un minimum de temps laissant peu de place au jugement moral et aux décisions rationnelles, un imaginaire collectif réduit à la satisfaction des désirs et incapable de supporter les frustrations , un environnement technologique multiforme,  omniprésent transformant chacun de nous en une marionnette robotisée ( voir le succès de avatars dans les jeux en ligne ), telles sont les structures de nos sociétés occidentales qui , loin de réfréner les passages à l' acte irrationnel , libère les frustrations internes et les autorisent ; c' est notre civilisation malade et folle qui couve en son sein des milliers d' Amok prenant , suivant les circonstances historiques , les visages de Caligula , Hitler ou le terroriste jihadiste. L'avenir reste aux psychopathes ...tant que subsisteront les structures systémiques actuelles.

Philippe MICHEL

Comment reconnaître un psychopathe ?

Vous avez vu des films sur les serial-killers, et parfois vous traitez même vos amis de psychopathes pour leurs agissements. Mais savez-vous vraiment ce que ce terme recoupe ? Comment reconnaître les symptômes de ce trouble de la personnalité ? Ce qu’il faut savoir pour mettre fin aux idées reçues. Le psychopathe n’est pas celui qu’on croit…

D’abord une mise au point : la psychopathie n’est pas une maladie mentale ! En effet, il s’agit selon les experts d’un trouble de personnalité, une déviance par rapport à la norme. Le terme est né dans les années 1930. Aujourd’hui, les spécialistes préconisent d’abandonner le terme de "psychopathie" pour l’expression "organisation de la personnalité à expression psychopathique" (qui donne l’acronyme OPEP !).

La psychopathie toucherait 2 à 3 % de la population, surtout des hommes, entre 20 et 30 ans. Et il faut souligner que le trouble semble disparaître après 40 ans, sans que l’on puisse l’expliquer .

Pour corriger une image un peu déformée de la réalité, le psychopathe n’est pas un dangereux tueur en série sanguinaire. C’est surtout un antisocial ou plutôt un "dyssocial" comme disent les spécialistes, qui va éprouver des difficultés à maintenir des relations avec les autres. On distingue également dans les psychopathies les personnalités borderline.

 

Reconnaître le trouble

Il existe plusieurs définitions des troubles psychopathologiques, selon notamment que l’on se réfère au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux américain (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ou DSM-IV), ou à la classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé (Cim).  Un rapport de la Haute Autorité de santé sur la prise en charge des psychopathies a lui identifié six points qui caractérisent la personnalité psychopathe :

 

   L’indifférence froide.

Les personnes ne sont pas sensibles, on ne peut pas les "prendre par les sentiments".

   L’irresponsabilité.

Cette irresponsabilité est souvent revendiquée, constante, avec un mépris des règles et des contraintes sociales.

   Difficulté de maintenir une relation avec autrui

Mais de manière paradoxale, la personnalité psychopathe a des facilités à nouer des relations. Simplement, elles ne durent pas.

   Intolérance à la frustration

La personnalité psychopathe ne supporte pas de ne pas obtenir ce qu’elle veut, et son seuil d’agressivité est très bas en la matière : elle va très vite s’énerver.

   Absence de culpabilité

Il n’y a aucune remise en question après un passage à l’acte. Même les sanctions ne remettent pas le psychopathe en question.

   Tendance à blâmer autrui

La personnalité psychopathe va expliquer de manière très rationnelle ses difficultés avec la société, en accusant les autres d’en être responsable, et de manière très convaincante.

 

Passages à l’acte

Comme le souligne le Dr Philippe Batel, l’un des auteurs du rapport, "nous pouvons tous exprimer à minima l’un de ces symptômes. Ce qui caractérise la personnalité psychopathe c’est le nombre et l’intensité". D’autant que ces symptômes ne sont pas isolés. Ils s’accompagnent d’une forte irritabilité et de passages à l’acte fréquents (actions violentes et impulsives). Ces passages à l’acte peuvent être dirigés contre soi (tentatives de suicide, automutilation…) ou contre les autres. Souvent, le psychopathe, par son impulsivité associée à son manque de culpabilité et son irresponsabilité, va connaître des démêlées avec la justice. D’ailleurs, un certain nombre connaîtront une incarcération.

 

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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 17:10

 

Les travailleurs ont rendu publique la déclaration suivante le 4 février dernier :
 

1. Nous reconnaissons que les problèmes actuels et durables  du Système national de santé et des organisations apparentées ne peuvent pas être résolus par des revendications spécifiques et isolées ou pour nos intérêts particuliers, car ces problèmes sont le résultat d'une lutte plus générale contre la politique antipopulaire du gouvernement et du néolibéralisme globalisé.
 

2. Nous reconnaissons également qu'en insistant sur la mise en avant de ce type de revendications, nous participerions au jeu implacable du pouvoir, qui, afin de répondre à son ennemi – c’est-à-dire le peuple fragilisé et divisé -, essaye d'éviter la création d’un Front populaire universel au niveau national et mondial, avec des intérêts communs et des revendications contre l'appauvrissement social provoqué par la politique du pouvoir.

 

3. Pour cette raison, nous plaçons nos intérêts particuliers dans le cadre des revendications politiques et économiques exprimées par une grande partie du peuple grec souffrant aujourd'hui de l'attaque brutale du capitalisme ; ces revendications, pour connaître le succès, doivent être portées jusqu’au bout, en coordination avec les classes moyennes et inférieures de notre société.
 

4. Le seul moyen d’y parvenir est la remise en cause, par l'action, non seulement de la légitimité politique, mais aussi la légalité de l’arbitraire autoritaire et antipopulaire d'une hiérarchie qui se dirige à grande vitesse vers le totalitarisme.

 

5. Nous travailleurs de l'Hôpital général de Kilkis, nous répondons à ce totalitarisme par la démocratie. Nous occupons l'hôpital public et le mettons sous notre contrôle direct et total. Dorénavant l’Hôpital général de Kilkis aura un gouvernement autonome et la seule autorité légitime pour prendre les décisions administratives sera l'Assemblée générale des  travailleurs.
 

6. Le gouvernement n'est pas dégagé de ses obligations financières en ce qui concerne la dotation et l’approvisionnement de l'hôpital, mais s’il continue à ignorer ces obligations, nous devrons informer le public à ce sujet et nous nous tournerons vers l'administration locale et, surtout, vers la société tout entière pour qu’elles nous soutiennent de toutes les manières possibles en vue de: (a) la survie de notre hôpital, (b) un soutien général au  droit aux soins de santé publics et gratuits, (c) le renversement, par une lutte populaire commune, du gouvernement actuel et la cessation de tout autre politique néolibérale, quelle que soit sa source et (d) une démocratisation profonde et substantielle, à savoir que ce soit la société, et non des tiers, qui soit responsable des décisions sur son avenir.

7. À partir du 6 février, le Syndicat des travailleurs de l'hôpital de Kilkis limitera le travail aux seules urgences jusqu'au paiement intégral des heures travaillées et le retour aux niveaux de salaires antérieurs à l'arrivée de la Troïka (CE, BCE et FMI). Entretemps, bien conscients que nous sommes de notre mission sociale et de nos obligations morales, nous veillerons à la santé des citoyens qui viennent à l'hôpital en fournissant des soins gratuits et un hébergement aux nécessiteux et nous continuerons à exiger que le gouvernement prenne ses responsabilités et mette fin à sa politique cruelle, excessive et antisociale.

 

8. Nous avons convenu de tenir une nouvelle assemblée générale le lundi 13 Février dans l'auditorium du nouveau bâtiment de l’hôpital à 11 heures, où nous déciderons des procédures nécessaires pour mettre en œuvre efficacement l'occupation des services administratifs et mener à bien l’autogestion de l’hôpital, qui commencera ce jour-là. Nous tiendrons chaque jour une assemblée générale, qui sera l'instrument fondamental de prise de décisions sur les employés et fonctionnement de l'hôpital.
 

Nous appelons à la solidarité du peuple et des travailleurs de tous les secteurs, avec la collaboration de tous les syndicats et organisations progressistes et le soutien de tous les médias qui choisissent de dire la vérité. Nous sommes déterminés à continuer jusqu'à ce que les traîtres qui ont vendu notre pays s’en aillent. C'est eux ou nous!

Les décisions ci-dessus seront rendues publiques lors d'une conférence de presse à laquelle sont invités tous les médias (locaux et nationaux), le mercredi 15/2/2012 à 12h 30. Nos AG quotidiennes débuteront le 13 février. Nous informerons les citoyens de tous les événements importants qui se déroulent dans notre hôpital par des communiqués et des conférences de presse. En outre, nous utiliserons tous les moyens disponibles pour faire connaître ces faits afin que cette mobilisation réussisse.

 

Nous appelons

a) nos concitoyens à manifester leur solidarité avec notre effort,

b) tous les citoyens qui reçoivent un traitement injuste de notre pays à la contestation, à s'opposer à leurs oppresseurs,

c) nos camarades travailleurs d'autres hôpitaux à prendre des décisions similaires,

d) les salariés dans d'autres branches des secteurs public et privé et les adhérents des organisations de travailleurs et progressistes, à agir dans le même sens, afin que notre mobilisation devienne une résistance ouvrière et populaire universelle et une insurrection, jusqu’à notre victoire finale sur l'élite économique et politique qui aujourd'hui opprime notre pays et le monde. 

 

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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 12:17

Extrait de "Pédagogie et révolution"

Grégory Chambat - (Éditions Libertalia)

Plus d’informations sur editionslibertalia.com

 

 

Ce livre rassemble des chroniques initialement publiées dans la revue syndicale et pédagogique N’Autre École, pour la plupart dans la rubrique « (re)lecture pédagogique  ». Un titre qui s’est progressivement imposé pour définir une démarche de confrontation entre quelques grands textes de la littérature pédagogique et les pratiques de celles et ceux qui luttent aujourd’hui pour une révolution sociale et éducative.

«(Re)lecture » parce que le pari est de dépasser la simple évocation d’une œuvre ou d’un parcours, si exemplaires soient-ils, pour forger des outils de compréhension et d’émancipation utiles, ici et maintenant.

 

Ce qui compte alors, ce n’est donc pas tant l’effort de mémoire, pour rappeler aux éducateurs d’aujourd’hui ce passé qu’on a peu à peu oublié, que la réactualisation critique de ces réflexions et de ces pratiques.

Bien qu’initialement publiées de façon séparée, ces chroniques sont guidées par une même logique. .

 

À côté des «incontournables» (Ferrer, Freire, Illich, Freinet…), la présence de pédagogues moins illustres (Thierry) ou de figures que l’on n’associe pas spontanément à l’histoire de la pédagogie (Pelloutier) s’explique par la volonté de renouer les fils épars d’une pratique révolutionnaire de l’éducation. C’est que nous avons tenu à déborder – ou plus exactement «ressourcer» – une définition trop restrictive de la pédagogie, ou du moins l’aborder dans une dimension à nos yeux incontournable, sa dimension sociale et militante. C’est elle que nous avons d’abord essayé de définir dans le premier texte de ce recueil, « Vers une pédagogie socialement critique… »

Et qui dit social dit collectif. Dès lors, les éclairages individuels se devaient de croiser également des expériences historiques plus globales : celle des syndicats ouvriers du début du siècle dernier ou celle des révolutionnaires espagnols de 1936.

Un parti pris en phase avec le combat pour une autre école et une autre société, au moment où l’abondante littérature sur l’école – et les débats qu’elle prétend porter – se contente d’opposer une vision «réac-publicaine » de l’école, élitiste, politiquement réactionnaire et socialement inégalitaire à un «pédagogisme » aseptisé, plus ou moins avide de reconnaissance officielle et de légitimation institutionnelle, sans véritable boussole politique.

 

Que ce piteux débat soit truqué, voilà la rengaine que ses propres instigateurs se complaisent tous à entonner. Sauf que, lorsqu’il s’agit de pointer l’absence d’autres références – la Commune de Paris, la pédagogie des maîtres camarades de Hambourg, etc. – auraient eu toute leur place symétrique de référence au social, le silence de chacun des deux camps devient connivence. D’où le renvoi, dans les pages qui suivent, aux apports de l’histoire de l’éducation, de la sociologie ou de la philosophie. Mais, là encore, en adoptant les exigences concrètes des praticiens : dans le domaine de la pédagogie, comme dans celui de l’action militante, ceux qui savent de quoi ils parlent sont ceux qui font…

 

Puisque la répétition est l’art du pédagogue, qu’on nous permette une nouvelle fois d’insister sur la conviction que la pédagogie s’inscrit inévitablement dans un projet politique et social. N’en déplaise à ceux qui s’efforcent cyniquement de le camoufler ou à ceux qui ont déposé en cours de route ce fardeau devenu trop encombrant.

En ce qui nous concerne, c’est en reliant ces deux engagements – l’action pédagogique et l’action syndicale – que nous entendons avancer, au milieu de la foule de ceux qui ont rêvé un autre monde.

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PRISE DE PAROLE

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Prise de Parole

est animé par François DESTRYKER

Psychopédagogue

Docteur en Sciences médicales

 

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PRISE DE PAROLE

Articulés autour d’une ligne qui favorise l’émergence de l’éveil au savoir, le travail psychopédagogique de Prise de Parole fait le lien entre des activités de resymbolisation qui visent à l’affirmation du processus identitaire de l’adolescent,  et les activités de réflexion s’ouvrant au questionnement et participant à l’opportunité offerte d’une élaboration d’un nouveau projet.  Cette démarche psychopédagogique diffère de la remédiation scolaire.

 

Notre démarche se distingue des actions de soutien spécialisé qui ont pour objectif d'améliorer la capacité de l'être à dépasser les difficultés qu'il éprouve dans ses apprentissages scolaires, à maîtriser ses méthodes et ses techniques de travail, à prendre conscience de ses progrès, en suscitant l'expérience de la réussite.  Notre démarche vise à favoriser l'ajustement progressif des conduites émotionnelles, corporelles et intellectuelles, l'efficience dans les différents apprentissages proposés par l'école et d'autre part de restaurer chez le jeune le désir d'apprendre et l'estime de soi.

 

Nous définissons notre intervention comme une pédagogie institutionnelle de prise de parole.  A savoir une pédagogie prenant en compte la souffrance psychique de l'adolescent et ses difficultés d'accès au désir de l'éveil.

 

Il est donc important de développer une démarche pédagogique appropriée qui reconnaisse  le jeune comme  une personne ayant ses représentations propres de la formation, de proposer une pédagogie variée qui suscite un éventail de démarches.  Ceci implique la reconnaissance des potentialités de l’être humain, un idéal d’égalité des chances par la reconnaissance du droit à la différence.

 

Cette approche favorise l’activité propre du jeune, son observation, sa réflexion, les activités personnelles, sans contrainte, suscite sa motivation, et débouche sur un « temps pour comprendre ». L'approche se construit autour d'une interrogation majeure concernant les relations et la production de sens. 

 

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L'arrêt scolaire 

 

Pour comprendre l'arrêt scolaire, Prise de Parole développe l'hypothèse d'une panne dans le questionnement.  Pour dépasser cette panne, Prise de Parole propose l'atelier d'écriture.  Celui-ci favorise l'émergence de questions, la recherche de réponses appropriées.  Une nouvelle mise en projet s'avère possible.  Cette intervention, par l'écriture, se réfère à la pédagogie institutionnelle.  A savoir une pédagogie prenant en compte la souffrance psychique de l'adolescent et ses difficultés d'accès au désir de l'éveil. 

Prise de Parole propose aux adolescents en difficulté et à l'arrêt scolaire, un travail d'interpellation par l'écriture.  Les séances sont animées par François DESTRYKER, psychopédagogue et Docteur en Sciences médicales.

 

 

CONTACTER PRISE DE PAROLE

François DESTRYKER

12b, avenue du Beau Site

1310 LA HULPE

 

f.destryker@hotmail.com
Tel : 02/653.05.75

Pour soutenir financièrement PRISE DE PAROLE :
Prise de Parole 001-5950080-79

IBAN : BE58 0015 9500 8079

CODE BIC FORTIS :  GEBABEBB

 

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A RENCONTRER

François DESTRYKER

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"Les Chansons des rues et des bois" de Victor Hugo, me donne une orientation pour cet écrit :

« A un certain moment de la vie, si occupé qu'on soit de l'avenir, la pente à regarder en arrière est irrésistible. Notre adolescence, cette morte charmante, nous apparaît, et veut qu'on pense à elle.  C'est d'ailleurs une sérieuse et mélancolique leçon que la mise en présence de deux âges dans le même homme, de l'âge qui commence et de l'âge qui s'achève ; l'un espère dans la vie, l'autre dans la mort.

Il n'est pas inutile de confronter le point de départ avec le point d'arrivée, le frais tumulte du matin avec l'apaisement du soir, et l'illusion avec la conclusion.

Le cœur de l'homme a un recto sur lequel est écrit "Jeunesse", et un verso sur lequel est écrit "Sagesse". C'est ce recto et ce verso qu'on trouvera dans ce livre.

La réalité est dans ce livre, modifiée par tout ce qui dans l'homme va au-delà du réel. Ce livre est écrit beaucoup avec le rêve, un peu avec le souvenir ».

 

On se lasse du roman, non de la poésie.

La rue Ferrer à La Louvière n'est plus si gaie. Chavée vient de partir.

Chavée, surréaliste, non conformiste, nous a transmis l'expérience de liberté d'un vieux Peau-Rouge qui ne marchera jamais dans une file indienne. Liberté et sincérité, voilà son maître mot.

Chavée était hétérodoxe ?

Surréaliste marginal, mais il vaut mieux le lire   « Je finirai par faire acte d'amour avec n'importe quoi avec des arbres, des cactus ou des oiseaux j'aurai perdu toute inquiétude et je serai livré à l'univers. Je suis déjà la cendre du cigare que vous fumerez demain ».

 

Les niveaux de Réalité s'entrecroisent sans jamais se recouvrir. Les niveaux d'organisation se répondent au cœur de chaque structure, mais les niveaux de Réalité sont toujours des émergences imprévisibles.

Impossibles à dénombrer, elles improvisent le champ du réel.

Pour les pressentir, il faut être soi-même un Émergeant.

Un être enroulé se déroulant, implié se dépliant, issu du fleuve énergétique et universel.

Un être limité parcouru de toutes parts par le sans-limite du Sans-Fond.

Accepter de s'asseoir, un moment, au seuil du silence intérieur et contempler ce qui advient en

toute simplicité. Vivre avec l'attention de chaque instant et dans le sourire premier de l'enfant qui rêve d'étoiles.

 

 

 

POUR UNE PENSEE CRITIQUE

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